Idena double ses capacités en Loire-Atlantique pour faire face à une demande qui explose

La demande mondiale pour des solutions nutritionnelles animales plus saines n’a jamais été aussi forte. Certaines entreprises peinent à suivre, d’autres anticipent. Et puis il y a celles qui franchissent un cap impressionnant. Quand un acteur français décide de doubler ses capacités pour répondre à une croissance qui ne faiblit pas, cela interpelle. Surtout lorsque cette expansion repose sur des technologies venues de l’industrie pharmaceutique.

Ce mouvement stratégique soulève une question essentielle : pourquoi cette accélération maintenant, et qu’est-ce qui la rend possible ?

Un marché international en plein essor qui pousse l’entreprise dans ses retranchements

La nutrition animale évolue rapidement, notamment depuis l’arrêt des farines animales et la réduction massive des antibiotiques dans l’élevage. Cette transformation, initiée en France et en Europe il y a déjà plusieurs années, commence à peine dans de nombreux pays hors UE. Le décalage crée une opportunité majeure pour les spécialistes du secteur.

C’est dans ce contexte qu’Idena affiche une croissance annuelle de 10 à 15%, portée par un marché mondial très demandeur. L’entreprise réalise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’export, avec une présence dans 65 pays. Cette dynamique met sous pression son site historique de Pontchâteau, créé en 2002 et désormais saturé malgré une extension importante réalisée en 2024, incluant 2700 m2 supplémentaires et l’installation de cinq silos pour améliorer le stockage.

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Le PDG Renaud Domitile résume la situation simplement : l’entreprise appartient à un secteur extrêmement porteur, dominé par seulement sept acteurs en France. L’enjeu est clair : soutenir la demande actuelle tout en préparant les dix prochaines années. Et pour y arriver, un investissement massif devient indispensable.

Reste à comprendre quelles transformations concrètes permettront à l’entreprise de franchir un tel seuil industriel.

Un investissement de 5,5 millions d’euros pour changer d’échelle

Pour accompagner son essor, Idena va investir 5,5 millions d’euros d’ici fin 2028 dans son site de Pontchâteau. L’objectif est ambitieux : passer d’une production de 20000 tonnes en fonctionnement 3×8 à 30000 tonnes en 2×8 d’ici 2030. Autrement dit, doubler la capacité tout en simplifiant l’organisation des équipes, notamment parce que le recrutement d’équipes de nuit devient difficile.

Le cœur du projet repose sur deux leviers technologiques majeurs :

  • Installer un troisième mélangeur de type tumbler, utilisé dans l’industrie pharmaceutique.
  • Déployer une transitique, c’est-à-dire un système automatisé piloté par informatique et robots permettant de déplacer les conteneurs dans l’usine.

Idena travaille par lots, et non en flux continu. Les conteneurs se déplacent de poste en poste, notamment sur les zones de microdosage, avant d’être brassés et conditionnés en sacs, big bags ou citernes. C’est une particularité notable dans la filière de l’alimentation animale.

L’entreprise veut également automatiser le microdosage d’au moins 80 matières premières. Aujourd’hui, 35% des matières sont encore traitées manuellement. L’objectif est de descendre à 5%. Une mutation majeure, structurante, qui changera le quotidien de l’usine.

Mais concrètement, comment ces investissements vont-ils transformer la production sur le terrain ?

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Des évolutions industrielles très concrètes et déterminantes

Les changements annoncés s’articulent autour de plusieurs améliorations successives qui vont redéfinir le fonctionnement du site de Pontchâteau.

Installation d’un troisième mélangeur

Le nouveau tumbler viendra s’ajouter aux deux mélangeurs existants. Sa fonction : brasser les prémélanges de vitamines, enzymes, minéraux ou encore actifs botaniques comme les huiles essentielles et extraits de plantes. Cette étape est essentielle pour obtenir une homogénéité parfaite des lots.

Automatisation du transfert et de la transitique

Le déplacement des conteneurs sera automatisé grâce à une transitique robotisée. Ce système permettra d’optimiser les flux internes, de réduire les manipulations manuelles et de fluidifier la cadence de production.

Automatisation avancée du microdosage

L’entreprise veut passer de 35% de microdosage manuel à seulement 5%. Cela concerne le dosage précis de 80 matières premières différentes, un point particulièrement critique pour garantir la régularité des prémélanges.

Avec ces transformations, la montée en puissance industrielle devient réellement possible.

Une stratégie guidée par l’innovation et la diversification

Idena ne se contente pas d’optimiser sa capacité. L’entreprise a aussi diversifié ses activités depuis le début de la décennie, en misant sur les biotechnologies et les biostimulants végétaux.

En 2020, elle a racheté STI Biotechnologie à Fougères, spécialisée dans la production de bactéries bénéfiques destinées à la digestion et à la régulation des bactéries pathogènes comme le clostridium, la salmonelle ou le colibacille.

En 2023, elle a acquis Vertal, une société positionnée sur les biostimulants végétaux, utilisés comme alternative naturelle aux phytosanitaires et engrais. Ces produits permettent d’améliorer la fertilité des sols et la santé des plantes.

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Ces acquisitions renforcent une stratégie orientée vers la réduction des intrants chimiques et la démédication, autant pour les animaux que pour les cultures végétales. Un positionnement cohérent avec les tendances agricoles actuelles, et un atout fort pour l’export.

Mais même avec cette vision claire, certains écueils restent fréquents dans les phases d’expansion industrielle.

Les pièges courants dans une montée en capacité industrielle

Plusieurs défis peuvent freiner une transformation aussi ambitieuse. Certains sont bien connus des industriels, d’autres plus spécifiques à la nutrition animale.

  • La complexité du microdosage : même avec l’automatisation, la précision reste un défi permanent.
  • Le recrutement des équipes : la difficulté à constituer des équipes de nuit a déjà obligé l’entreprise à revoir son organisation.
  • L’homogénéité des lots : travailler en batch demande une maîtrise parfaite des flux et du mélange.
  • La gestion des matières premières : la diversité des ingrédients, notamment botaniques, requiert une logistique robuste.

Anticiper ces écueils est indispensable pour tirer pleinement parti des nouveaux investissements.

Une chose est certaine : avec un marché mondial en pleine mutation et une stratégie technologique affirmée, l’entreprise se prépare à franchir un cap décisif. Les transformations engagées aujourd’hui donneront leur pleine mesure dans les prochaines années, au moment où la demande mondiale pour des solutions nutritionnelles durables continuera d’augmenter.

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Gaston L.
Gaston L.

Gaston L. est passionné par la cuisine populaire française et les ambiances de brasserie. Il partage ses expériences gourmandes pour aider les lecteurs à savourer La Rochelle sans casser leur tirelire.