Côte d’Azur : Yannick Alléno fait renaître un palace endormi depuis 20 ans et y installe son restaurant

Sur la Côte d’Azur, un lieu que l’on croyait figé dans le silence depuis vingt ans s’illumine à nouveau. La renaissance de ce palace attire toutes les attentions, mais c’est surtout la présence d’un chef au prestige rare qui intrigue. Derrière cette réouverture, une promesse : une expérience où la haute gastronomie rencontre un patrimoine centenaire.

Et si cette nouvelle adresse devenait l’un des lieux incontournables de l’été à Saint-Tropez ?

Un palace endormi, un chef aux 18 étoiles : pourquoi cette renaissance compte

Un hôtel de la Belle Époque fermé pendant deux décennies, sur l’une des baies les plus convoitées au monde, ne peut revenir à la vie sans une vision forte. Installé au cœur de quatre hectares de parcs et de jardins privés plantés de pins et de palmiers, face à la Méditerranée, le domaine COMO Le Beauvallon possédait tout pour renaitre. Il lui manquait seulement une signature culinaire capable d’en révéler l’âme.

Cette signature, c’est celle de Yannick Alléno. Le chef français pilote déjà un ensemble prestigieux d’adresses internationales : le Pavillon Ledoyen à Paris avec Alléno Paris, L’Abysse et Pavyllon, la Table de Pavie à Saint-Émilion, ou encore Le 1947 au Cheval Blanc à Courchevel. Au total, il cumule 18 étoiles Michelin réparties dans 21 établissements, un palmarès rare dans la gastronomie mondiale.

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Confier l’intégralité de l’offre culinaire du domaine tropezien à un chef de cette stature n’est donc pas anodin. Le vendredi 24 avril, la réouverture officielle a marqué le début d’un nouveau chapitre, mêlant héritage Belle Époque et vision contemporaine. Une approche renforcée par la création d’un beach club entièrement repensé, Beauvallon sur Mer by Yannick Alléno, qui accompagne cette métamorphose gastronomique.

Mais pour comprendre l’ampleur du projet, il faut encore découvrir la philosophie que le chef a voulu insuffler au lieu.

La réponse : la vision gastronomique de Yannick Alléno pour Como Le Beauvallon

Le chef avoue avoir été immédiatement transporté par l’énergie de l’endroit. Touché « profondément » par la lumière du golfe de Saint-Tropez, par son histoire et par le défi que représente un palace resté fermé près de vingt ans, il a conçu l’adresse comme une destination à part entière. Pour lui, le voyage est au cœur de toutes ses maisons ; celui-ci devait donc être unique.

Son choix créatif est clair : faire dialoguer l’Asie du Sud-Est et la Méditerranée. Pas une confusion, insiste-t-on dans le domaine, mais une fusion maîtrisée. Cette orientation culinaire se retrouve au restaurant Beauvallon sur Mer, pièce maîtresse du lieu, ouvert à la clientèle résidente comme extérieure.

Dans l’assiette, cette fusion se traduit par des propositions très précises :

  • un tartare de sériole, cacahuète et glace au basilic thaï
  • un crudo de bar mariné au baijiu, papaye verte façon Som Tum
  • un bouillon clair de bœuf à l’huile de coriandre
  • un coquelet laqué aigre-doux
  • un steak de thon sauce au poivre de Kampot
  • une île flottante au litchi et caramel de sésame noir

Chaque assiette reflète ce dialogue entre les marqueurs méditerranéens et l’énergie des cuisines asiatiques, dans une démarche fidèle à celle de l’un des chefs les plus techniques de sa génération.

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Mais pour savourer pleinement cette expérience, il faut comprendre comment elle s’intègre dans le cœur du domaine…

Comment le domaine Como Le Beauvallon est pensé pour accueillir cette nouvelle cuisine

Le resort, conçu pour être vécu du matin au soir, offre plusieurs espaces de vie intégrés et fluides. L’organisation du domaine accompagne la gastronomie du chef en proposant de véritables parcours sensoriels.

  • Une piscine en bord de baie pour une restauration légère en journée.
  • Un Winter Garden permettant une continuité culinaire à toute heure.
  • Une terrasse ouverte sur la mer pour les services du matin au soir.
  • Un lobby lounge pensé comme un salon de contemplation et de détente.
  • Un ponton privé permettant aux yachts de mouiller face à l’établissement ou de rejoindre rapidement Pampelonne et Ramatuelle.

À cela s’ajoute une dimension bien-être inspirée de Bali : COMO Shambhala. Cette philosophie associe soins, vitalité et une offre culinaire dédiée aux saveurs saines et équilibrées.

Enfin, le domaine comprend 42 chambres et suites, décorées avec une collection de 300 œuvres d’art contemporain. Dans le parc, une pièce architecturale rare complète l’ensemble : le Serpentine Gallery Summer Pavilion, dessiné en 2002 par l’architecte japonais Toyo Ito, remonté pièce par pièce pour accueillir des réceptions face à la mer.

L’ensemble crée un environnement idéal où la cuisine du chef peut s’épanouir pleinement, mais quelques particularités méritent d’être explorées pour mieux comprendre la richesse du lieu.

Variations, influences et subtilités : la profondeur du concept pensé par Alléno

La fusion imaginée par le chef repose sur des éléments précis. Les influences asiatiques ne sont pas de simples touches exotiques. Elles s’appuient sur des techniques qu’il maîtrise depuis longtemps : travail du cru, marinades, fermentation, extraction aromatique, utilisation de poivres rares comme le poivre de Kampot ou d’alcools asiatiques tels que le baijiu.

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L’intégration de la Méditerranée, elle, se fait par les produits : sériole, bar, thon, bœuf léger, herbes fraîches, agrumes. On y retrouve une proximité avec les cuisines niçoise, provençale et italienne, mais déclinée à travers un prisme d’ailleurs.

Pour les visiteurs, cette fusion permet :

  • une découverte accessible même aux amateurs de cuisine traditionnelle française
  • une cohérence avec l’environnement maritime du domaine
  • un renouvellement constant grâce aux influences internationales

Cette vision trouve également un écho dans l’architecture ocre et solaire du rooftop, jouant sur des teintes jaunes et bleues, qui évoquent autant l’Asie tropicale que les rivages de la Côte d’Azur.

Mais pour que l’expérience soit parfaite, mieux vaut éviter certaines erreurs d’interprétation autour de cette nouvelle adresse.

Ce qu’il faut savoir pour bien comprendre le lieu et éviter les idées reçues

Beaucoup pourraient penser que la présence d’un grand chef rime avec une expérience figée ou intimidante. Ici, c’est tout l’inverse. Le concept privilégie la fluidité, la détente et une accessibilité rare pour une adresse de ce niveau.

  • Ce n’est pas un restaurant gastronomique classique. La fusion Asie–Méditerranée est pensée pour être vivante et solaire.
  • Ce n’est pas une table uniquement réservée aux résidents. Le Beauvallon sur Mer accueille aussi une clientèle extérieure.
  • L’inspiration balinaise du COMO Shambhala n’est pas un gadget. Elle structure une partie essentielle de l’offre bien-être et culinaire.
  • Le domaine n’est pas un nouveau projet. Il s’agit d’un palace emblématique inauguré en 1914, restauré avec soin.

Comprendre ces nuances permet d’apprécier pleinement cette renaissance qui mêle histoire et modernité.

En redonnant vie à ce palace, Yannick Alléno propose bien plus qu’un restaurant : il crée une destination complète, pensée pour l’été mais ouverte sur un art de vivre durable. Une adresse qui pourrait rapidement devenir l’un des nouveaux repères gastronomiques du golfe de Saint-Tropez.

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Gaston L.
Gaston L.

Gaston L. est passionné par la cuisine populaire française et les ambiances de brasserie. Il partage ses expériences gourmandes pour aider les lecteurs à savourer La Rochelle sans casser leur tirelire.