Unilever cède ses marques alimentaires à McCormick pour plusieurs milliards de dollars

Une cession historique, des milliards en jeu et une réorganisation stratégique qui pourrait changer le paysage mondial de l’agroalimentaire. L’annonce d’Unilever attire l’attention du secteur et soulève une question simple : que signifie vraiment ce transfert de marques vers McCormick ?

Une opération géante qui réunit des marques mondialement connues

L’accord signé le 31 mars marque un tournant majeur pour Unilever. Le groupe a décidé de céder l’ensemble de son activité alimentaire à McCormick & Company. Les deux acteurs prévoient de fusionner ces activités pour créer une nouvelle entité d’ici 2027.

Ce futur ensemble regroupera des marques présentes depuis des décennies dans les cuisines du monde entier. Parmi les marques venant d’Unilever figurent :

  • Knorr pour les soupes et bouillons
  • Maille pour les moutardes
  • Hellmann’s pour la mayonnaise

McCormick apportera de son côté :

  • Ducros pour les épices
  • Vahiné pour les ingrédients de pâtisserie
  • French’s pour la moutarde

L’ensemble pèserait lourd. Selon les chiffres communiqués, ces marques ont généré en 2025 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit environ 17,4 milliards d’euros.

Unilever se recentre sur la beauté, l’hygiène et le bien-être

La cession confirme une stratégie engagée depuis plusieurs années par Unilever. Une fois séparé de son pôle alimentaire, le groupe deviendra presque entièrement dédié aux secteurs suivants :

  • Beauté
  • Hygiène
  • Entretien de la maison
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En 2025, ces activités ont représenté 39 milliards d’euros de chiffre d’affaires, portées notamment par les savons Dove et les déodorants Axe.

Pour la direction, cette opération constitue « une étape décisive » vers une entreprise plus simple et plus focalisée sur des segments jugés plus rentables.

Une transaction de plusieurs milliards et un partage clair des participations

McCormick va verser 15,7 milliards de dollars, soit environ 13,7 milliards d’euros, pour acquérir l’activité alimentaire d’Unilever. Mais l’accord inclut aussi un échange de parts au sein de la nouvelle structure.

Voici la répartition prévue :

  • 35 % des parts seront détenues par les actionnaires de McCormick
  • 9,9 % seront détenus par Unilever, qui indique vouloir revendre progressivement cette participation
  • 55,1 % iront aux actionnaires d’Unilever

Le futur groupe conservera le nom McCormick. Son siège mondial restera à Hunt Valley dans le Maryland. Il gardera également sa cotation à New York. À plus long terme, un siège international sera ouvert aux Pays-Bas, avec une cotation secondaire prévue en Europe.

Une réaction immédiate sur les marchés financiers

La Bourse de Londres a réagi dès l’annonce. Le cours d’Unilever a reculé de près de 4 % vers 14h10. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte où certains investisseurs, dont le fonds activiste Trian de Nelson Peltz, poussent depuis plusieurs années à une évolution de la stratégie du groupe.

Unilever avait déjà engagé d’autres transformations en 2024, dont la séparation de sa division glaces. Cette activité, qui regroupe notamment Magnum, Cornetto et Ben & Jerry’s, est désormais une société indépendante nommée The Magnum Ice Cream Company.

Pourquoi ce recentrage maintenant ?

Lors de la publication de ses derniers résultats, Unilever a expliqué vouloir concentrer ses investissements sur :

  • la beauté et le bien-être
  • les soins de la personne
  • le haut de gamme
  • le commerce en ligne
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L’alimentaire restait un segment solide, mais moins aligné avec la stratégie à long terme du groupe. La vente apparaît donc comme un moyen de « simplifier » l’entreprise et de la renforcer sur les marchés où elle s’estime la plus compétitive.

La création d’un acteur mondial dédié aux sauces, condiments et ingrédients culinaires pourrait elle aussi redistribuer les cartes dans un secteur en pleine évolution.

Les prochains mois permettront de suivre l’avancée de la fusion et d’observer comment ce nouvel ensemble de 20 milliards de dollars évoluera dans un marché toujours plus concurrentiel.

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Gaston L.
Gaston L.

Gaston L. est passionné par la cuisine populaire française et les ambiances de brasserie. Il partage ses expériences gourmandes pour aider les lecteurs à savourer La Rochelle sans casser leur tirelire.