Cadmium : l’Anses recommande d’abaisser les seuils autorisés dans les fertilisants et les aliments

Le cadmium s’accumule lentement dans le corps. Il reste longtemps dans les sols. Et l’Anses alerte aujourd’hui sur un niveau d’exposition devenu préoccupant en France. L’agence sanitaire recommande d’abaisser les seuils autorisés dans les fertilisants et dans certains aliments. Vous découvrez ici ce que révèle l’expertise publiée le 25 mars 2026 et ce que chacun peut faire pour réduire son exposition.

Pourquoi le cadmium pose un problème de santé publique

Le cadmium est classé CMR, c’est‑à‑dire cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Il est reconnu comme cancérogène certain pour le poumon en milieu professionnel. Il est également suspecté de favoriser d’autres cancers comme ceux du pancréas, de la vessie, de la prostate ou du sein.

Même ingéré à faible dose pendant longtemps, surtout via l’alimentation, il peut provoquer :

  • des atteintes rénales pouvant évoluer vers une insuffisance rénale
  • une fragilité osseuse, avec un risque accru d’ostéoporose et de fractures
  • des effets sur le neurodéveloppement
  • des impacts sur le système cardiovasculaire

L’Anses souligne que le cadmium n’a aucune fonction biologique. Il s’accumule dans l’organisme avec une demi‑vie d’élimination de 10 à 30 ans. Un élément que l’agence juge particulièrement préoccupant.

Une surexposition marquée chez les Français

Depuis quinze ans, les travaux de l’Anses révèlent une surexposition croissante. La concentration urinaire en cadmium, appelée cadmiurie, est aujourd’hui trois à quatre fois plus élevée en France que dans d’autres pays européens et aux États‑Unis.

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La part de la population dépassant la valeur toxicologique de référence a fortement augmenté :

  • 3,7 % en 2006‑2007
  • 47,7 % en 2014

Selon la modélisation réalisée pour 2025, les dépassements persistent :

  • 36 % des enfants de moins de 3 ans
  • 23 % à 27 % des 3 à 17 ans (contre 14 % en 2011)
  • 1,4 % à 1,7 % des adultes (contre 0,6 % en 2011)

L’alimentation, source principale d’exposition

L’Anses a analysé toutes les sources possibles : eau, air, poussières, sol, cosmétiques, tabagisme. Un résultat domine largement : l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition chez les non‑fumeurs. Le tabac est une source additionnelle pour les fumeurs.

Le cadmium est naturellement présent dans les sols. Il pénètre facilement dans les végétaux par les racines avant de rejoindre la chaîne alimentaire. En France, les matières fertilisantes apportent en moyenne plus de 80 % du cadmium dans les sols agricoles :

  • 55 % via les engrais minéraux phosphatés
  • 25 % via les effluents d’élevage
  • 5 % via les boues et composts

L’agriculture biologique n’en est pas épargnée. Certaines matières fertilisantes autorisées en AB, comme les engrais minéraux phosphatés issus de roche broyée, peuvent aussi contenir du cadmium.

Les recommandations de l’Anses pour réduire la contamination des sols

L’agence demande d’appliquer rapidement une limite de 20 mg de cadmium par kg de P₂O₅ dans les engrais minéraux phosphatés. Aujourd’hui, le règlement européen (UE) 2019/1009 fixe un seuil à 60 mg/kg P₂O₅, et la France tolère encore 90 mg/kg P₂O₅.

Ce seuil permettrait de respecter un apport annuel limité à 2 g/ha/an et de réduire progressivement l’exposition via l’alimentation. L’Anses recommande aussi :

  • une révision de l’étiquetage pour afficher clairement la teneur en cadmium
  • l’usage de roches phosphatées moins contaminées
  • le recours à des procédés de décadmiation lorsque cela est nécessaire
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Selon l’Anses, ces opérations de décadmiation entraînent un surcoût agricole limité, bien inférieur au poids sanitaire du cadmium.

Mieux connaître les effluents d’élevage et moderniser les pratiques agricoles

Les effluents d’élevage ne sont aujourd’hui soumis à aucune réglementation spécifique concernant le cadmium. L’agence suggère d’améliorer la connaissance de leur composition et d’étudier la dépollution des boues de stations d’épuration.

Elle encourage aussi :

  • l’ajustement des types et quantités de fertilisants selon les sols
  • la mobilisation du phosphore déjà présent dans les sols
  • l’usage de variétés végétales moins accumulatrices de cadmium, notamment pour les céréales et le blé dur

Que peuvent faire les consommateurs ?

Même si l’enjeu principal se joue au niveau des sols, certains choix alimentaires peuvent réduire l’exposition. L’Anses recommande de limiter les produits à base de blé sucrés ou salés, notamment :

  • céréales du petit‑déjeuner
  • gâteaux
  • biscuits

Elle conseille d’introduire davantage de légumineuses pour remplacer certains aliments à base de blé, comme les pâtes. Le chocolat, quant à lui, contribue à moins de 3 % de l’exposition, quel que soit l’âge, et n’est donc pas un aliment majeur dans ce risque.

L’Anses propose enfin de revoir à moyen terme les teneurs maximales en cadmium dans les aliments les plus contributeurs, afin de réduire globalement l’exposition de toute la population.

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Gaston L.
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Gaston L. est passionné par la cuisine populaire française et les ambiances de brasserie. Il partage ses expériences gourmandes pour aider les lecteurs à savourer La Rochelle sans casser leur tirelire.