Un feu de bois, des plantes sauvages, des ingrédients déshydratés et une idée radicale du burger. Dans les Deux-Sèvres, une création pensée comme un repas après la panne générale a réussi à se faire une place parmi les meilleures recettes françaises.
Son auteur n’en est qu’à sa première participation au concours, mais il affiche déjà une ambition claire. Le classement obtenu donne surtout envie de découvrir ce burger sombre, végétal et volontairement hors des codes habituels.
Pourquoi ce burger des Deux-Sèvres attire l’attention
La Coupe de France du burger by Socopa met chaque année les professionnels de la restauration au défi de proposer une recette singulière. Pour son édition 2026, la onzième du concours, la créativité ne s’est pas limitée au choix du pain, de la viande ou des sauces.
Dans les Deux-Sèvres, deux professionnels ont figuré dans le top 100 national. Benoit Kaldonski, cuisinier-gérant du restaurant Le QG à Niort, y est une nouvelle fois entré avec son burger C6. Un autre nom du département est apparu dans la liste communiquée à la NR par Socopa Restauration, mercredi 29 juillet 2026, en tout début d’après-midi.
Il s’agit de Jérémie Cordon, à la tête du food-truck JCooking à Usseau. Son projet se démarque par une contrainte forte : réaliser un burger « sans aucune énergie », comme le C6 du QG, mais avec une méthode bien différente.
Cette approche change tout. Elle oblige à penser la conservation, la cuisson, les textures et l’approvisionnement autrement. Derrière le concept postapocalyptique, il y a donc une vraie réflexion de cuisinier.
Le Black-out, un burger cuit au feu de bois et nourri par la nature
Le burger présenté par Jérémie Cordon s’appelle le Black-out. Son nom annonce son univers : une recette postapocalyptique imaginée pour être préparée sans recourir à l’énergie moderne. La cuisson est assurée au feu de bois, un choix qui apporte aussi une note fumée à la viande.
Le principe repose sur deux familles de produits. Certains viennent directement de la nature, notamment des végétaux sauvages. D’autres sont déshydratés, une technique qui permet de les conserver avant de les réhydrater ou de les intégrer dans une préparation.
Au cœur du Black-out, on trouve un steak haché mariné à l’ail des ours. Cette plante sauvage, proche de l’ail par son parfum, donne à la viande une saveur végétale et aillée. Elle fait écho à une autre composante essentielle du burger : une salade d’orties pilées.
La recette joue aussi sur les contrastes. Une galette de haricots noirs et de trompettes-de-la-mort apporte une texture plus dense. Le fromage n’en est pas réellement un : il s’agit d’une crème de noix de cajou mixée avec de la ciboulette et de l’ail.
Enfin, la sauce associe du sirop d’érable et du cacao amer. Le sucré, l’amertume, le fumé du feu de bois et les notes forestières composent un burger très éloigné d’une recette classique. Mais il faut encore maîtriser l’ordre des préparations pour que cet équilibre fonctionne.
Comment se compose cette recette postapocalyptique
Les quantités exactes, le type de pain et les temps de cuisson du Black-out n’ont pas été détaillés. En revanche, la liste des composants permet de comprendre précisément l’architecture de la création de JCooking et sa logique culinaire.
- Un steak haché mariné avec de l’ail des ours.
- Une galette végétale préparée avec des haricots noirs et des trompettes-de-la-mort.
- Une salade sauvage à base d’orties pilées.
- Une préparation crémeuse de noix de cajou, mixée avec de la ciboulette et de l’ail, utilisée comme un fromage.
- Une sauce sucrée-amère qui mêle sirop d’érable et cacao amer.
- Une cuisson au feu de bois, sans énergie conventionnelle.
- Mariner le steak haché avec l’ail des ours. Cette étape parfume la viande avant son passage sur la chaleur des braises.
- Préparer la galette de haricots noirs et de trompettes-de-la-mort. Les haricots apportent la tenue, tandis que les champignons renforcent le registre boisé.
- Piler les orties pour former la salade. Elles prennent ici la place d’une feuille de salade plus conventionnelle.
- Mixer les noix de cajou avec la ciboulette et l’ail afin d’obtenir l’élément crémeux du burger.
- Assembler la sauce au sirop d’érable et au cacao amer. L’objectif est d’ajouter une profondeur douce et légèrement amère.
- Cuire au feu de bois les éléments qui nécessitent de la chaleur, en surveillant les braises plutôt qu’une température réglée par un appareil.
- Monter le burger en superposant la viande marinée, la galette, les orties, la crème de cajou et la sauce.
Le résultat tient autant à la sélection des ingrédients qu’à cette contrainte de cuisson. Le feu de bois demande une attention constante, car l’intensité varie selon les braises et la position des aliments.
Des ingrédients sauvages à manipuler avec méthode
Le Black-out met en avant des produits souvent associés à la cueillette et aux saveurs de sous-bois. L’ail des ours, les orties et les trompettes-de-la-mort créent une identité végétale forte, tout en complétant la viande hachée, les haricots noirs et la noix de cajou.
La déshydratation s’inscrit logiquement dans ce scénario culinaire. Elle permet de travailler des aliments conservés, sans dépendre uniquement de produits frais. Dans une recette inspirée d’un monde privé d’énergie, cette technique devient une partie du récit autant qu’un outil de cuisine.
La crème de cajou mérite aussi l’attention. En étant mixée avec de l’ail et de la ciboulette, elle remplace le fromage par son onctuosité. Elle offre un contrepoint doux à l’ortie, à l’ail des ours et au cacao amer.
Pour le chef, ce burger est aussi un terrain de compétition. Jérémie Cordon, trentenaire et natif de La Rochelle en Charente-Maritime, se décrit comme « assez compétiteur ». Son premier essai laisse entrevoir une suite déjà très attendue.
Un classement régional qui ouvre la voie vers Paris
Avec le Black-out, Jérémie Cordon s’est classé quinzième de la grande région Sud-Ouest. Il termine cinq places derrière Benoit Kaldonski et son C6 du restaurant Le QG, à Niort. Cette place dans le top 15 régional lui permet aussi d’intégrer le top 100 national.
Sa réaction est sans détour : « Vivement l’année prochaine ! » Le responsable de JCooking vise désormais une qualification pour la finale parisienne de 2027. Le concours devient donc un rendez-vous à suivre pour ce professionnel des Deux-Sèvres.
Son activité ne se limite pas au food-truck. Depuis le début de l’année 2026, JCooking porte le label Artisans gourmands des Deux-Sèvres. Cette distinction a été remise par la Chambre de métiers et de l’artisanat avec les organisations professionnelles des métiers de bouche.
Jérémie Cordon a également ouvert une activité de traiteur, confiée à son épouse Marie. La démarche du Black-out s’inscrit ainsi dans une activité artisanale plus large, entre cuisine mobile, événements et prestations traiteur.
Où retrouver le food-truck JCooking
Le food-truck JCooking circule habituellement du lundi au vendredi dans plusieurs communes des Deux-Sèvres. Il est notamment présent à Saint-Hilaire-la-Palud, où Jérémie Cordon est récemment passé à l’occasion des 24 Heures de la barque.
- À Saint-Hilaire-la-Palud
- Sur le parking de Leroy Merlin à Niort
- Au Vanneau-Irleau
- À Vallans
- À Mauzé-sur-le-Mignon
Ce classement donne une nouvelle visibilité à une cuisine mobile qui ose sortir des repères attendus. Après le Black-out, le rendez-vous est déjà pris pour voir jusqu’où cette ambition compétitive pourra mener JCooking en 2027.




